Créer une société de transport en Belgique : le guide complet 2026

Monter une société de transport de marchandises en Belgique ne s'improvise pas : accès réglementé à la profession, licence, capacité financière, charges sociales… Voici, étape par étape, ce qu'il faut vraiment savoir pour démarrer sans mauvaise surprise.

Le transport de marchandises pour compte de tiers est une profession réglementée en Belgique. Contrairement à beaucoup d'activités où il suffit de s'inscrire à la Banque-Carrefour des Entreprises, ici l'État vérifie que vous remplissez des conditions précises avant de vous laisser rouler. Ce guide détaille le parcours complet, de la première décision jusqu'à la première facture.

Ce guide est informatif et reflète la réglementation en vigueur en 2026. Les montants et procédures évoluent : confirmez toujours votre situation auprès de votre autorité régionale de transport (SPW Mobilité et Infrastructures en Wallonie, Bruxelles Mobilité à Bruxelles, l'autorité flamande en Flandre) et d'un guichet d'entreprises agréé avant de vous engager.

1. Transport léger ou transport lourd ? La question qui change tout

La première chose à clarifier, c'est le poids de vos véhicules, car il détermine si vous êtes soumis ou non à l'accès réglementé à la profession.

  • Véhicules de plus de 3,5 tonnes : accès à la profession et licence de transport obligatoires, sans exception.
  • Véhicules de 2,5 à 3,5 tonnes : depuis le Paquet Mobilité européen (2022), une licence est exigée pour le transport international. Pour le national, les règles sont plus souples.
  • Véhicules de moins de 2,5 tonnes : pas d'accès à la profession ni de licence. C'est la voie d'entrée la plus simple (course, dernier kilomètre, petits colis).

Beaucoup de petites structures démarrent en transport léger pour limiter les obligations, puis basculent vers le lourd en grandissant.

2. Les 4 conditions d'accès à la profession

Pour le transport soumis à autorisation, le règlement européen 1071/2009 impose quatre conditions cumulatives que votre entreprise doit remplir en permanence.

ConditionCe que ça veut dire concrètement
Établissement stableUn siège réel en Belgique : locaux, documents de l'entreprise, véhicules immatriculés en Belgique.
HonorabilitéNi l'entreprise ni son gestionnaire de transport ne doivent avoir de condamnations graves (sécurité routière, droit social, fraude).
Capacité financière9 000 € pour le 1er véhicule de plus de 3,5 t, puis 5 000 € par véhicule supplémentaire. Prouvée par les comptes ou une garantie bancaire.
Capacité professionnelleLe gestionnaire de transport détient l'attestation de capacité professionnelle.

Le gestionnaire de transport, pièce maîtresse

Toute entreprise de transport doit désigner un gestionnaire de transport : la personne qui dirige réellement et en continu l'activité de transport, et qui porte l'attestation de capacité professionnelle. Ce peut être vous (le dirigeant) ou un salarié. Sans gestionnaire valide, pas de licence.

Obtenir l'attestation de capacité professionnelle

Deux voies principales :

  1. L'examen de capacité professionnelle organisé en Belgique : épreuves portant sur le droit, la gestion, la fiscalité, la sécurité et la réglementation du transport. Vérifiez les modalités d'inscription auprès de votre Région.
  2. La reconnaissance d'expérience : si vous avez dirigé une entreprise de transport pendant plusieurs années, vous pouvez sous conditions obtenir une équivalence.

Gestionnaire interne ou externe ?

Vous ne voulez pas passer l'examen vous-même ? Vous pouvez désigner un gestionnaire de transport externe : une personne qui détient déjà l'attestation et que vous mandatez (contrat de mandat) pour diriger réellement votre activité de transport. Comptez en général 250 à 350 € TVAC par mois pour ce service.

⚠️ Un gestionnaire externe engage juridiquement votre entreprise par sa signature. La réglementation européenne (Règlement 1071/2009) le limite à 4 entreprises maximum, pour un parc total de 50 véhicules. Choisissez-le avec soin.

3. Choisir la forme juridique

Le choix se joue surtout entre deux options.

La SRL (société à responsabilité limitée)

C'est la forme la plus courante dans le transport. Avantages :

  • Responsabilité limitée à vos apports : votre maison et vos comptes personnels sont protégés en cas de faillite.
  • Image plus solide vis-à-vis des donneurs d'ordre et des banques.
  • Depuis le Code des sociétés de 2019, plus de capital minimum légal — mais vous devez prévoir un capital de départ suffisant et un plan financier sérieux. Si la société tombe en faillite dans les trois ans avec un capital manifestement insuffisant, le fondateur peut être tenu responsable.

L'indépendant en personne physique

Plus simple et moins coûteux à constituer, mais votre responsabilité est illimitée : les dettes de l'activité engagent votre patrimoine personnel. À réserver aux très petites structures qui démarrent prudemment.

Le transport est une activité capitalistique (véhicules, carburant, délais de paiement clients longs). La protection patrimoniale d'une SRL pèse lourd dans la balance. Faites trancher la question par un comptable.

4. Les démarches administratives, étape par étape

  1. Rédiger le plan financier (et les statuts si vous créez une société, devant notaire pour une SRL).
  2. S'inscrire à la Banque-Carrefour des Entreprises (BCE) via un guichet d'entreprises agréé (Liantis, Securex, Partena, Acerta, Xerius, UCM…). Vous obtenez votre numéro d'entreprise.
  3. Activer le numéro de TVA auprès du SPF Finances.
  4. S'affilier à une caisse d'assurances sociales pour les cotisations sociales du dirigeant indépendant.
  5. Désigner le gestionnaire de transport et demander la licence de transport auprès de votre Région — SPW Mobilité et Infrastructures (Wallonie), Bruxelles Mobilité (Bruxelles) ou l'autorité flamande (Flandre) —, avec une copie certifiée conforme par véhicule.
  6. Souscrire les assurances : RC professionnelle, assurance des véhicules, marchandises transportées.
  7. S'équiper pour la taxe kilométrique (Viapass / OBU) pour les véhicules de plus de 3,5 t circulant en Belgique.

Si vous embauchez des chauffeurs

  • Inscription comme employeur à l'ONSS.
  • Choix d'un secrétariat social pour gérer la paie.
  • Rattachement à la commission paritaire du transport (CP 140.03), qui fixe barèmes, primes et indemnités.
  • Dimona (déclaration d'embauche) et assurance accidents du travail obligatoires avant le premier jour de travail.

5. Le siège social : à votre adresse privée ?

Beaucoup de transporteurs domicilient leur société à leur adresse personnelle au démarrage. C'est légalement autorisé et sans impact fiscal direct.

Le risque à connaître : en cas de difficultés financières, un créancier qui obtient un jugement peut envoyer un huissier au siège social. Si c'est chez vous, les biens présents à cette adresse peuvent être saisis — y compris vos biens personnels (mobilier, matériel, véhicule garé devant), à charge pour vous de prouver qu'ils sont privés.

Pour s'en prémunir, une adresse de domiciliation professionnelle (bureau virtuel, société de domiciliation) coûte généralement 50 à 150 €/mois. Un réflexe utile dès que l'activité — et les engagements financiers — montent.

6. Les coûts à prévoir

Au-delà de la capacité financière exigée, le vrai budget de lancement comprend :

  • L'achat ou le leasing des véhicules.
  • Les assurances (souvent élevées la première année, sans historique).
  • Le carburant et les cartes carburant de flotte.
  • L'OBU et la taxe kilométrique pour le lourd.
  • La formation et l'examen de capacité professionnelle.
  • Le secrétariat social et les charges patronales dès la première embauche.

Le poste le plus sous-estimé reste la trésorerie : vos clients paient souvent à 30, 60, voire 90 jours, alors que carburant et salaires, eux, tombent chaque semaine.

7. Une fois lancé : ne pas se noyer dans l'administratif

C'est là que tout se complique. Entre les fiches de paie, le calcul des charges ONSS, le suivi du carburant, les amendes attribuées aux chauffeurs, la facturation clients et la trésorerie, un petit transporteur passe vite ses dimanches soir sur Excel.

C'est exactement le problème que KFU Solutions résout : une seule application belge qui réunit trésorerie, facturation, salaires, calcul ONSS, planning, tournées et application chauffeur. Conçue pour les PME du transport, pas pour les multinationales avec un TMS à 50 000 €.

Vous lancez votre société ? Gardez l'énergie pour la route — laissez l'administratif tenir tout seul.

Gérez votre société de transport depuis un seul écran

Trésorerie, facturation, salaires, ONSS, planning et tournées — pensé pour les transporteurs belges. Essai 30 jours gratuit, sans carte.

Démarrer l'essai gratuit

Vous gérez votre transport à Bruxelles ou Liège ? Découvrez nos pages locales.

Questions fréquentes

Faut-il une licence pour transporter des marchandises avec une camionnette de moins de 3,5 tonnes ?

Pour le transport national pour compte de tiers avec un véhicule de moins de 3,5 t, l'accès à la profession et la licence ne sont pas exigés. Mais depuis le Paquet Mobilité européen (2022), le transport international avec des véhicules de plus de 2,5 t impose une licence et l'accès à la profession. En dessous de 2,5 t, vous restez libre. Vérifiez toujours votre cas auprès de votre autorité régionale de transport (SPW Mobilité, Bruxelles Mobilité ou l'autorité flamande).

Combien faut-il d'argent pour démarrer une société de transport ?

La capacité financière exigée par la réglementation européenne est de 9 000 € pour le premier véhicule de plus de 3,5 t, puis 5 000 € par véhicule supplémentaire (montants réduits pour les véhicules de 2,5 à 3,5 t). À cela s'ajoutent les vrais coûts de lancement : véhicules, assurances, carburant, OBU pour la taxe kilométrique, secrétariat social. Comptez large.

Qu'est-ce que la capacité professionnelle de transporteur ?

C'est l'attestation que doit détenir le gestionnaire de transport de l'entreprise. Elle s'obtient en réussissant l'examen de capacité professionnelle organisé en Belgique, ou, sous conditions, par la reconnaissance d'une expérience pratique de direction d'une entreprise de transport. À défaut, vous pouvez mandater un gestionnaire externe qui la détient déjà.

SRL ou indépendant en personne physique pour une société de transport ?

La SRL protège votre patrimoine personnel (responsabilité limitée aux apports) et facilite l'accès aux marchés et au financement : c'est le choix le plus courant. L'indépendant en personne physique est plus simple et moins cher à créer, mais votre responsabilité est illimitée. Un comptable vous orientera selon votre situation.

Quelles charges sociales quand on embauche un chauffeur en Belgique ?

Un employeur paie le salaire brut majoré des cotisations patronales ONSS (de l’ordre de 32 % en pratique dans le transport (base légale ~25 %)), plus les frais liés à la commission paritaire du transport (CP 140.03) : primes, indemnités, assurance accidents du travail. Le coût total d'un chauffeur tourne autour de 1,5 fois son brut.

Qui délivre la licence de transport en Belgique ?

Depuis la régionalisation, la licence de transport de marchandises pour compte de tiers est délivrée par la Région : le SPW Mobilité et Infrastructures en Wallonie, Bruxelles Mobilité à Bruxelles, et l'autorité flamande en Flandre — et non par le niveau fédéral.

Peut-on désigner un gestionnaire de transport externe ?

Oui. Si vous ne passez pas l'examen de capacité professionnelle vous-même, vous pouvez mandater une personne qui détient déjà l'attestation. Comptez environ 250 à 350 € TVAC par mois. La réglementation européenne (Règlement 1071/2009) limite un gestionnaire externe à 4 entreprises maximum, pour 50 véhicules au total.

Peut-on domicilier sa société de transport à son adresse privée ?

Oui, c'est légalement autorisé et sans impact fiscal direct. Attention toutefois : en cas de difficultés financières, un huissier peut saisir des biens présents à cette adresse, y compris personnels. Une adresse de domiciliation professionnelle (50 à 150 €/mois) élimine ce risque.